CC 060 DB

Les CC 060 DB sont une série de 20 locomotives diesel commandées par la SNCF le 1er février 1955. La première est mise en service a le 8 janvier 1957. En 1962, elles deviennent CC 65001 à 20.

Les CC 060 DB / CC 65000 ne connaissent que deux dépôts titulaires, La Rochelle à leur mise en service, puis Nantes à la fermeture du précédent, tous deux dépôts "ouest" (cinq d'entre-elles ont séjournés à Mulhouse-Ile Napoléon entre 1957 et 1960).

Ces machines sont radiées entre 1981 et 1988.

Machines préservées :
- CC 65012 : Cité du train à Mulhouse - machine présentée dans livrée d'origine bleu roi, motifs et bandeaux crème
- CC 65005 : Agrivap (Musée de la machine agricole et à vapeur) d'Ambert

En dehors de quelques parcours exceptionnels, les 060DB puis CC 65000 se cantonnent dans un triangle géographique limité au nord par la ligne Nantes-Angers-Tours, à l'est par la ligne Tours - Poitiers - Angoulême - Libourne - Bordeaux. A l'Ouest, elles roulent sur les antennes en cul de sac s'arrêtant sur le littoral malgré leur surnom de "sous-marin"... Parfois elles montent à Rennes pour reprofilage ou passent par Le Mans pour rejoindre Sotteville, leur atelier directeur. Sans accès à des points "stratégiques" (capitale, frontières, axes importants), les 65000 n'ont de fait jamais été appelées à la traction de trains "nobles" sur des relations prestigieuses, hormis " l'Aunis " entre La Rochelle et Poitiers, quand disparurent l' X2800 et sa remorque spécifique. Assez vite dépassées par la technologie des groupes "diesel/alternateur" (sans parler de leur manque de puissance à vitesse élevée), elles ne sont plus vues qu'en tête de trains de marchandises ou parfois en remplacement sur des trains régionaux.

Les dernières années de services sont dévolues à des messageries et des RO et, jusqu'en 1983, ces engins effectuent encore des parcours mensuels supérieurs à 9000 km.

Plusieurs machines sont détachées pour essais. On note par exemple ceux avant livraison, en décembre 1956, de la 1 sur Belfort-Vesoul, puis en région parisienne sur Paris-Evreux et Paris-Mantes. En mars 1957, les 2 et 4 en UM sont mises à l'épreuve sur Paris-Cherbourg, montrant le manque de puissance des groupes électrogènes sur profil sévère à vitesse élevée. Les 22, 23 et 24 octobre 1958, ce sont les 5 et 8 qui sont essayées sur la ligne Marseille-Vintimille (illustration de la première du catalogue 1962). Il faut répondre à la question : " peut-on remplacer la traction vapeur par le diesel en attendant l'électrification sur la Cote d'Azur ? " La réponse est : " oui mais plus tard, quand la SNCF possèdera des machines plus puissantes ".

A leur livraison, les 060DB ont une livrée unicolore bleu-roi avec bandes et motifs frontaux crèmes, les traverses sont rouge vermillon et les grilles latérales aluminium. Bogies et organes sous châssis sont gris ardoise. En 1962, au plan de renumérotation du parc est joint l'unification des teintes "diesel". Elles seront appliquées aux CC 65000 lors d'opérations de révision. Le bleu diesel clair 205 pour les faces et capots, bleu diesel foncé 206 pour les parties hautes (cabines et lanterneaux des compartiments moteurs) et les grilles latérales. Les enjoliveurs d'origine en aluminium sont conservés. Les bandes et motifs frontaux adoptent le blanc cassé. Le fond des plaques noir devient bleu foncé. Avant 1966, les fanaux supérieurs seront obturés, des trappes d'accès aux réservoirs principaux seront créés sur les capots, neuf machines recevront des graisseurs de rails (65001 à 6, 8 à 10 et 17), l'avertisseur deux tons remplacera la trompe simple. Entre 1974 et 1979, les roues monoblocs remplaceront les roues bandagées, les chaudières seront déposées et des projecteurs plus puissants seront installés.

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Le service des 060 DB / CC 65000 :

Il est difficile de donner des compositions de trains exactes et le meilleur moyen de faire "de plausible à vrai" est de se pencher sur les ouvrages et revues ferroviaires.

On peut noter, dans les premières années, la traction des trains express entre Nantes et Bordeaux (905/909 et 906/912 en 5h20) composés avec du matériel régional "ex-état". Les engagements sont aussi sur La Rochelle-Poitiers, Angoulême-Saintes-Royan et les nombreuses antennes littorales : Le Croisic, Paimboeuf/Pornic, Saint Gilles-Croix de Vie, Les Sables d'Olonne, Le Chapus, Fouras et Royan/La Tremblade.

Après 1956 (passage en deux classes) et avec les livraisons massives de voitures "DEV", il s'ensuit des déclassements et les 65000 tractent de tout ! Elles emmènent évidemment le parc déjà évoqué et les nouvelles voitures "DEV AO" . Les années 70 verront une explosion des types de voitures remorquées : aux précédentes (non radiées) s'ajoutent, en trafic local, les "Romilly" et "Bruhat". A la faveur des courants estivaux, les nombreuses antennes littorales voient des tranches de et vers Paris aux compositions panachées de "DEV inox longues", "DEV AO" courtes et longues, "USI - ANF" et "UIC" en rames de trois ou quatre voitures.

Alors que s'amorce le déclin, les 65000 deviennent des bonnes à tout faire que l'ont voit sur des parcours réguliers sinon quotidiens. On découvre ainsi, jusqu'en mai 1978, les omnibus Saintes - La Rochelle : deux "Romilly" + fourgon "OCEM 1929" (trains 6962 le matin et 6975 en retour le soir). Tranche Le Chapus - Paris du 3914 en 1961 : machine bleu roi + trois semi-métalliques ex-PO. Dans la Beauce en 1968, en remplacement de l'autorail en fin de semaine, les 820/829 Niort - Chartres avec fourgon "état" et "ex-express" deux essieux semi-métalliques "état" ou "3 pattes" ex-PLM. Notons le 3810 Pornic-Paris en 1981 avec une "DEV inox" B9 et deux "DEV AO" B9 et A9.

Laissons Jean-Marie Poupinot se remémorer un souvenir de jeunesse à propos du train L'Aunis :
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Puis un jour, l' X2800 et sa remorque spécifique ont disparu. Cette correspondance vers Charles Martel pour récupérer le Drapeau avait perdu sa superbe.
Mais, le Roi est mort, vive le Roi !
Les 060DB étaient en tête de l'Aunis. Train prestigieux composé de DEV inox, La Rochelle-Paris. Elles le tractaient jusque dans la capitale poitevine. Je les entends encore les M.G.O. glapir à chaque crans du manipulateur. Je n'imaginais pas, dans ces moments de satisfaction, que quinze années plus tard, j'aurais revêtu l'habit et serais à leur bord
"

Les 060 DB débutent en marchandises avec de longs trains de wagons à essieux anciens d'origines diverses très classiques. On trouve ainsi des wagons citernes, plats, couverts et tombereaux, parfois à guérite serre-freins, généralement à caisse bois. Le rajeunissement du parc, dans les années 1960, avec des wagons plus longs, avec caisse en panneaux ou en métal, change considérablement l'aspect des convois. La tendance s'accentue encore dans la décennie suivante qui voit apparaître les wagons à bogies modernes de grande capacité et spécialisés. Leurs dix dernières années, les CC65000 seront en tête de convois très variés où les wagons à essieux seront devenus plutôt minoritaires. Au départ des centres industriels et portuaires, les compositions intègrent presque tous les types de wagons possibles. Il faut aussi noter les prestations spécifiques vers des embranchements actifs tels que Paimbœuf (citernes chimiques, souvent à essieux), Saint Jean d'Angély (citernes pare-soleil grande capacité pour gaz liquéfié), Gémozac (silos céréaliers), La Palice (terminal céréalier), etc... sans oublier le trafic de wagons porte-autos 2 et 3 essieux vides depuis Nantes-Etat. Dans les années 1980, les CC 65000 étaient souvent "en réserve" en tête du train de secours (couvert à bogies spécial et voiture de cantonnement ex-état).

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Les trains Hornby HO tractés par la CC 060 DB :


CC060 et voitures Inox du coffret LE VENDEEN réf. 6150

Les limites qui pourraient s'imposer ont deux origines : la livrée et la numérotation qui nous placent avant 1962. Il est important de considérer que près des 2/3 de l'activité ont lieu après la disparition de la marque et que le parc HOrnby-acHO est majoritairement d'avant les années 1960. Cette apparente incompatibilité temporelle nous ouvre en grand les portes de l'imagination et des jeux.

En circulation voyageurs, le choix est limité si l'on veut coller à la réalité. Hornby HO nous propose le coffret "Le Vendéen" réf. 615/6150. Bien que ce train soit inexact, il est fort judicieux de le forcer à 5 ou 6 véhicules (à 8 ou 9 avec une UM).

Les voitures DEV, AO et Inox (7330, 7340, 7370), en rames courtes de trois pièces rappelleront les tranches estivales. Les trains de 5 à 6 voitures feront les relations régionales, si possible en composition homogène.

Pour les express vers la capitale, on ajoutera aux 6/7 voitures une postale (7420) en tête et/ou une restaurant (7390) entre deux "première classe". Bien sur, on évitera de lire les plaques de destination "Nantes - Bordeaux" et "Paris - Lille" qui pourront être cachées par de petits rectangles découpés dans la partie gommée de "Post-it" sur lesquels on aura tenté d'inscrire une autre destination.

Il faut exclure les voitures salon-bar et Pullman, TEE, banlieue et le fourgon à bogies (7458, 7452, 7454, 7456, 7457, 7350, 7360, 7453, 7310). Le wagon porte-autos (7292) plus récent peut circuler sur rame voyageurs avec théoriquement une CC 65000 bicolore.

En circulation marchandises, ll faut rester dans le cadre du triangle Atlantique. Les 060 DB y ont tracté des trains de détail courts, se résumant parfois à un seul wagon. Un couvert, un plat et une citerne, tous à essieux, est le minimum. Les prestations spécialisées aligneront cinq à huit wagons identiques (citernes, couverts, STEF...) et les trains RO iront sans retenue jusqu'à une vingtaine de pièces variées, voire 30 en UM.

Certains wagons ne correspondent pas aux trafics régionaux locaux et sont donc déconseillés : le tombereau à claires-voies (7010 - transhumance PLM), les "SIMOTRA", "ARBEL" et houiller (7090, 7260/62, 7290), l'isotherme à lait (7120), le couvert à bogies "TP" (7240 - en fin d'utilisation sur le Sud-Est dans les années 1960).

Il est toujours possible d'imaginer les trains qu'on veut et rien n'est interdit à cette remarquable locomotive reproduite avant tout pour jouer avec plaisir.

Merci à Alain Biteau pour sa très précieuse collaboration

 
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